Moyen-Orient : l'expansion stratégique des réseaux houthistes yéménites à travers l'Afrique

Mohamed Riviere · 28 août 2026 · 3 min read · 651 words

Les rebelles houthistes du Yémen ne se contentent plus de la péninsule arabique. D’après un rapport du think tank américain The Century Foundation publié le 24 août, ils étendent désormais leurs réseaux à travers la Corne de l’Afrique. Une stratégie méthodique qui pourrait redessiner l’équilibre régional.

Moyen-Orient : l’expansion stratégique des houthistes dans la Corne de l’Afrique

Le mouvement politico-militaire yéménite, soutenu par Téhéran, cherche à s’implanter au-delà de ses frontières. Selon la Century Foundation, cette « offensive » s’inscrit dans une stratégie planifiée depuis Sanaa, la capitale yéménite. Les auteurs du rapport y voient une volonté de devenir un pôle central de l' »Axe de la Résistance », au même titre que le Hezbollah libanais.

Les houthistes disposent d’atouts convoités : armes, technologies, savoir-faire, chaînes d’approvisionnement et accès direct à l’Iran. De nombreux groupes armés locaux n’ont aucun autre moyen d’accéder à ces ressources. Pour l’instant, les relations restent transactionnelles, mais elles pourraient évoluer vers une véritable interdépendance.

La Somalie au cœur du dispositif houthiste

Dans ce pays, la contrebande d’armes ne suffit plus. Les rebelles yéménites nouent des liens étroits avec les shebabs, le groupe djihadiste qui contrôle une partie du territoire somalien. Ils leur fournissent des armes et des formations. En échange, ils obtiennent des relais logistiques, des renseignements et des capacités pour étendre leur influence dans le golfe d’Aden.

Le rapport précise qu’un transfert de capacités serait visible à court terme. Des engins explosifs de type iranien, des missiles antiaériens ou des drones pourraient apparaître sur les champs de bataille somaliens. L’arrivée de bombes à pénétration explosive serait un signe supplémentaire du renforcement de cette alliance.

Djibouti, plaque tournante de la contrebande houthiste

Le port de Djibouti, situé à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb, serait devenu un point névralgique. Les houthistes y exploitent les infrastructures commerciales et les réseaux de transport pour faire transiter des composants et du matériel militaire vers le Yémen, contournant ainsi l’embargo sur les armes. Une méthode discrète mais efficace, qui profite de la position stratégique du pays.

Le Soudan et l’Érythrée dans la ligne de mire

Les houthistes chercheraient aussi à s’implanter dans ces deux pays. Le rapport évoque des réseaux de contrebande possibles, sans toutefois confirmer leur existence. Au Soudan, des cargaisons d’armes légères auraient été livrées depuis 2024 pour le compte de l’Iran. Des agents houthistes seraient présents à Port-Soudan.

Cette influence croissante fait craindre une déstabilisation régionale. Les tentacules du conflit s’entremêlent de part et d’autre de la mer Rouge et du golfe d’Aden. Les États riverains, les acteurs non étatiques et leurs soutiens extérieurs risquent d’être entraînés dans un conflit d’une ampleur considérable.

Les signes qui montrent l’expansion des réseaux houthistes

Le rapport de la Century Foundation identifie plusieurs indicateurs clés pour mesurer cette montée en puissance.

Ces indicateurs montrent une stratégie de long terme, calquée sur le modèle du Hezbollah dans les années 2000. Les houthistes veulent devenir un acteur central du Moyen-Orient, capable d’influencer la sécurité régionale.

La géopolitique de la zone est en train de basculer. Les alliances se recomposent, les routes commerciales deviennent des enjeux militaires. Une chose est sûre : les réseaux houthistes ne se limitent plus au Yémen. Ils s’étendent, méthodiquement, à travers l’Afrique.